LUDOVIA#17 a vu ses travaux lancés par un propos de Jean-François Cerisier – Labo Techné Université de Poitiers – autour de l’étude d’une « confrontation » vécue et ressentie lors du confinement lié à la Covid19 et résumée en un propos « Injonctions numériques : entre techno-enthousiasme et pratiques collectives »

On comprendra ici que « l’injonction » est née, en 2020, de la confrontation à la pandémie et à la nécessité de garantir la « continuité » pédagogique. Ces injonctions diverses et multiples visaient à « demander aux enseignants d’avoir recours au numérique », pour garantir une éducation « équitable ».

L’injonction à la continuité pédagogique

Jean-François Cerisier a entamé son propos explicatif tant par une définition des mots que par un retour sur le vécu mêlant les injonctions à ce « plan de continuité pédagogique », le tout débouchant sur une injonction légitime car éducative.

L’injonction à la continuité pédagogique aurait cependant supposé une réflexion préalable sur la place du numérique dans l’éducation et sans doute une intégration plus localisée ou s’appuyant sur l’autonomie des acteurs à qui l’on confie la mise en place des mesures et ici, l’intégration en urgence du numérique et de ses outils dans l’éducation.

La mise à distance de l’école

« Nécessité faisant loi », on a ainsi demandé aux enseignants de s’adapter à la mise à distance de l’école. Se posèrent ici factuellement la question de l’autonomie des acteurs de l’éducation tant sur les outils à mobiliser que les méthodes à mettre en place, que celles aussi de la décision d’usage.

Si le techno-enthousiaste est naturellement réceptif, l’intégration du numérique ne s’est pas fait sans accrocs et sans priver, parfois et pour des raisons tant sociales, culturelles qu’économiques, des élèves du bénéfice de la continuité pédagogique numérisée. Une confrontation factuelle à une double contrainte, entre la nécessité de garantir la continuité pédagogique et la situation individuelle de chaque élève.

Dans les faits, le numérique n’est ni un remède ni un poison, mais un fait culturel et social dont la prise en compte invite à repenser l’école en tenant compte de l’existence du numérique dans la société.

 

L’importance de l’intégration du numérique à l’école est aujourd’hui une chose acquise et à développer mais l’outil renforce encore plus la responsabilité éducative allant d’ailleurs jusqu’aux enjeux citoyens du numérique.

D’ici là, des contraintes sont à lever :

  • Des contraintes éducatives: l’ingénierie pédagogique suppose d’utiliser l’outil pour ce qu’il permet et de ne conserver que des usages utiles.
  • Des contraintes économiques: le financement public doit servir parcimonieusement l’éducation, permettre l’équipement et la formation des enseignants, tout en veillant à l’équité du matériel des publics
  • Des contraintes éthiques et sécuritaires: l’éthique éducative suppose la maîtrise des données transmises et émises à des grandes entreprises. Elle suppose aussi la prise en compte de l’origine des produits et supports et de l’éthique et des valeurs des marques mobilisées.
  • Des contraintes environnementales: le numérique est consommateur d’énergie, le tout numérique doit tenir compte de l’impact sur les ressources. La communauté éducative doit également éduquer les utilisateurs sur ce point précis.

« Soyez de bons utilisateurs du numérique » conclut Jean François Ceriser. Comme un appel à mobiliser la potentialité pédagogique du numérique sans jamais s’affranchir d’une impérieuse responsabilité.

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